mardi 31 mai 2016

Vous savez l'auberge du Geault-Rouge ?




Le championnat d'Europe de football va bientôt débuter en France, et nous verrons fleurir de jolis coqs sur les t-shirts. A propos de notre fier emblème national, il peut paraître étonnant de constater que le français est une des rares langues romanes a ne pas avoir conserver le terme latin gallus. En effet l'espagnol et l'italien ont gallo, le portugais galo, le catalan gall. Par ailleurs, le coq poitevin s'appelle jhàu quand son voisin d'oc est le limousin jau. Y aurait-il alors un descendant français de ce mot ou faut-il y voir une infiltration nord-occitane ?

La réponse est simple. Le français médiéval connaissait le mot jal. On a pu le trouver sous différentes formes, tout comme en occitan aujourd'hui : gal, gau, jal, jau. Cependant, cette dernière semble être demeurée dans les dialectes d'oïl. Ainsi, Frédéric Godefroy, dans son Dictionnaire de l'Ancienne Langue Française de 1880, nous dit que "le coq s'appelle encore jau dans une grande partie de la France : dans le Berry, dans le Bourbonnais, dans la Champagne, dans le Poitou, dans l'Aunis, dans la Saintonge, dans les Vosges, dans la Lorraine". 

Alors, justement, profitons-en pour nous faire inventer par George Sand, dans une auberge de sa région.

"A cette époque, une seule maison s'élevait dans cette solitude ; c'était une hôtellerie en même temps qu'une sorte de rendez-vous de chasse.

L'éminence, située au milieu de vastes plaines giboyeuses, étant souvent honorée de la halte des seigneurs du pays qui se réunissaient pour courre le lièvre, et pour dîner ou souper à l'enseigne du Geault-Rouge." (George Sand, Les Beaux Messieurs de Bois-Doré, 1858).


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